Le 25 mars 2026, le ministre Jean Boulet a annoncé que l’ostéopathie deviendra la 57e profession encadrée au Québec. Une nouvelle attendue depuis des décennies : la première demande d’ordre professionnel remonte à 1990, selon Ostéopathie Québec. Pour les personnes qui envisagent une formation, cette annonce relance une question : est-ce le bon moment pour s’inscrire, ou vaut-il mieux attendre que tout soit officialisé?
La réponse courte : attendre pourrait être la décision la plus coûteuse que vous puissiez prendre.
Ce que l’annonce change pour l’ostéopathie au Québec … et ce qu’elle ne change pas encore
L’encadrement est désormais confirmé dans son principe. L’Office des professions du Québec a reçu le mandat de déterminer la meilleure forme d’encadrement pour les ostéopathes, ordre distinct ou intégration à un ordre existant. Ostéopathie Québec, qui milite activement pour un ordre distinct depuis sa fondation en 2012, est prête à contribuer aux travaux.
Mais voici ce qui n’est pas encore défini :
- La structure exacte de l’encadrement (ordre distinct ou autre)
- Les critères de reconnaissance des formations existantes
- Le calendrier précis des travaux
- Les conditions d’admission au futur cadre professionnel
Ce flou est normal à ce stade. Il ne signifie pas que rien ne bougera, il signifie que les dés ne sont pas encore jetés. Et c’est précisément là que votre décision de formation prend tout son sens.
L’ostéopathie enseignée à l’université : une bonne nouvelle, mais pas une solution immédiate
Beaucoup de gens ont les yeux tournés vers l’UQAM depuis l’annonce. L’université développe effectivement des programmes en ostéopathie : deux microprogrammes de formation continue existent depuis 2024, un DESS est en préparation et un éventuel baccalauréat et une maîtrise sont en attente des approbations universitaires et gouvernementales, un processus qui prend plusieurs années.
Ce que ça veut dire concrètement :
- Les programmes universitaires complets ne sont pas disponibles aujourd’hui
- Les approbations gouvernementales requises ne sont pas encore accordées
Quand ces programmes ouvriront, leur capacité sera limitée à quelques dizaines d’étudiants par année
Des formations complémentaires, pas concurrentes
L’UQAM n’est pas la seule institution à pouvoir offrir des microprogrammes en ostéopathie et ce n’est pas non plus ce qui définira la valeur d’un praticien aux yeux d’un futur ordre professionnel. Les écoles professionnelles sérieuses ont la capacité d’enrichir leur curriculum de formations complémentaires lorsque le contexte le justifie. C’est une avenue que l’EPOQ suit de près et est complètement prête à intégrer.
Ce qui nous mobilise davantage en ce moment, c’est la question du standard. Nous avons engagé des discussions avec des responsables à l’UQAM autour d’une idée concrète : intégrer, au moment opportun, un examen d’admission à la profession administré par l’université. L’objectif serait d’établir un référentiel commun de compétences cliniques reconnu à l’échelle de la province, indépendamment de l’établissement de formation. Ce modèle existe dans d’autres professions de santé réglementées. Il représente une voie crédible vers une reconnaissance équitable, rigoureuse et cohérente des praticiens.
Ce que nos étudiants de l’EPOQ apportent déjà à cette équation, c’est un volume d’heures de clinique supervisée parmi les plus élevés et diversifiés du milieu.
La formation à l’EPOQ se construit dans la pratique réelle, progressive et encadrée, pas uniquement dans les manuels. C’est ce qui forme des praticiens compétents dès la sortie du programme et c’est ce qui constituera l’argument le plus solide dans n’importe quel processus de reconnaissance professionnelle à venir.
Le Québec compte plusieurs centaines d’ostéopathes en exercice, la relève ne peut pas reposer sur une seule institution
Ostéopathie Québec le reconnaît elle-même : les travaux de l’Office des professions devront tenir compte de l’ensemble de l’écosystème de formation existant. Les écoles professionnelles sérieuses font partie de la solution, maintenant et après l’encadrement.
Pourquoi les cinq prochaines années comptent plus que vous ne le pensez
Quand un ordre professionnel voit le jour, les critères de reconnaissance des praticiens déjà en exercice s’appuient presque toujours sur ce qui existe : les heures de formation complétées, la rigueur du programme suivi, l’expérience clinique accumulée, et l’appartenance à une association professionnelle reconnue.
Ce n’est pas en attendant que les règles soient publiées qu’on se met en bonne position, c’est en ayant déjà un dossier solide quand elles le seront.
Concrètement, si vous commencez une formation de cinq ans aujourd’hui :
- Vous terminez votre programme au moment où le cadre professionnel sera vraisemblablement opérationnel
- Vous aurez une expérience clinique réelle à faire valoir
- Vous serez parmi les premiers à pouvoir répondre aux critères de reconnaissance
- Vous exercerez pendant que d’autres attendront encore d’avoir les bonnes conditions pour commencer
La demande pour des soins manuels globaux continue de croître. Les ostéopathes bien formés ont une clientèle aujourd’hui, encadrement ou pas. Ça ne changera pas avec l’arrivée d’un ordre, ça ne fera que se consolider.
Ce que dit Ostéopathie Québec sur la relève
Selon Ostéopathie Québec, il existe actuellement des cohortes étudiantes dans plusieurs écoles professionnelles. L’association reconnaît explicitement que la relève ostéopathique au Québec repose sur ces formations privées et que les programmes universitaires en développement viendront les compléter, pas les remplacer.
L’association précise également qu’un chantier de modernisation du système professionnel est en cours à l’échelle provinciale. Dans ce contexte, le choix d’encadrement retenu par l’Office des professions du Québec pourrait prendre des formes variées. Ostéopathie Québec se dit ouverte aux différentes possibilités tout en défendant un ordre distinct.
Ce que ça veut dire pour un futur étudiant : la qualité et la rigueur du programme que vous choisissez aujourd’hui sera votre meilleur argument demain, quelle que soit la forme finale de l’encadrement.
Questions fréquentes
Est-ce que ma formation sera reconnue par le futur ordre professionnel? Personne ne peut garantir les critères aujourd’hui, ils n’ont pas encore été définis. Ce qu’on sait, c’est que la reconnaissance s’appuiera sur la qualité des programmes existants. Choisir une école dont le curriculum est aligné sur les standards les plus élevés du milieu, en lien avec les associations professionnelles et les partenaires universitaires, est la meilleure stratégie disponible actuellement.
Vaut-il mieux attendre l’ouverture des programmes universitaires? Les programmes universitaires complets ne sont pas disponibles à court terme et leur capacité sera limitée (voire très contingentée). Attendre signifie repousser votre entrée en pratique de plusieurs années, pendant lesquelles la demande de soins, elle, ne s’arrête pas.
Est-ce risqué de commencer maintenant? Le risque se situe davantage du côté de l’attente. Les ostéopathes formés dans des programmes rigoureux exercent aujourd’hui avec une clientèle établie. L’encadrement viendra consolider une pratique qui existe déjà, pas en remplacer une qui n’aurait pas encore commencé.
Combien de temps durera le processus d’encadrement? L’Office des professions du Québec vient de recevoir son mandat. Les délais ne sont pas encore précisés. Ostéopathie Québec indique qu’il est dans l’intérêt de tous que les travaux avancent rapidement, mais aucun calendrier officiel n’a été annoncé à ce jour.
Où en est vraiment le dossier? En juin 2022, l’Office des professions du Québec avait rendu un avis favorable à la création d’un ordre distinct pour les ostéopathes. Depuis l’annonce du 25 mars 2026, les travaux formels peuvent maintenant débuter. Pour suivre l’évolution du dossier, Ostéopathie Québec publie les mises à jour sur sa page dédiée à l’encadrement de la profession.
Le bon moment, c’est maintenant
L’encadrement de l’ostéopathie au Québec n’est plus une hypothèse, c’est un processus en marche. Mais les détails qui vous concernent directement, en tant que futur praticien, ne seront pas définis demain matin. Ce qui se décide maintenant, c’est la qualité de votre formation et le moment où vous commencerez à exercer.
Dans cinq ans, quand le cadre professionnel sera opérationnel, deux types de personnes se présenteront : celles qui auront une formation complète, une clientèle, et un dossier à faire valoir et celles qui attendront encore les bonnes conditions pour commencer.
Si vous voulez discuter de ce que ça implique concrètement pour votre parcours, c’est exactement le genre de conversation qu’on a lors d’un rendez-vous d’orientation à l’EPOQ. Pas de réponses toutes faites une discussion honnête sur où vous en êtes et où vous voulez aller.
Sources : Ostéopathie Québec : Encadrement de la profession, mis à jour le 7 mai 2026. Annonce du ministre Jean Boulet, 25 mars 2026.
Note de rédaction : cet article reflète la situation au moment de sa publication. Le dossier étant en évolution active, nous le mettons à jour au fil des annonces officielles.
